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Thérèse

Les factures, c’est le plus gros poste de dépenses.  L’eau, l’électricité, le gaz, le téléphone… J’arrive à les payer, mais c’est dur… 

Courtenay (45) | 1100€/MOIS

Le sourire est timide et la posture droite. Clairement, Thérèse n’a pas l’habitude de recevoir du monde. Ni même d’en côtoyer. Ce jour-là, Brigitte, la bénévole qui l’accompagne depuis trois ans, est venue apporter un soutien : « Elle était très renfermée sur elle-même avant les Petits Frères des Pauvres », explique-t-elle.

L’appartement qu’occupe Thérèse à Courtenay est une ancienne boucherie. Elle se souvient y être venue avec sa mère lorsqu’elle était petite. Aujourd’hui, c’est un logement social. À l’intérieur, la déco est modeste, témoin d’une vie simple. « Cela fait bientôt 22 ans que je vis ici », commente-t-elle.

Atteinte d’un handicap, Thérèse n’a jamais pu travailler. Elle a passé toute sa vie aux côtés de ses proches. « Ma mère, c’était un peu mon pilier. Je suis restée à la maison avec elle jusqu’à son décès il y a 40 ans. Puis j’ai vécu avec mon frère, jusqu’à son suicide il y a quatre ans ». Fille d’une garde-barrière, elle a grandi au rythme des trains, s’enracinant dans cette terre du Loiret qui l’a vue naître et grandir.

À 70 ans, Thérèse vit désormais seule et se débrouille avec sa petite retraite : l’ASPA complétée par l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH). « À peine 1 100 euros par mois », précise-t-elle. Une somme qui lui permet tout juste de subvenir à ses besoins essentiels. Le loyer, heureusement allégé par les APL, ne lui coûte qu’une centaine d’euros. « Les factures, c’est le plus gros poste de dépenses, détaille-t-elle. L’eau, l’électricité, le gaz, le téléphone… J’arrive à les payer, mais c’est dur. »

« On réduit sur la nourriture. »

Avec le temps, Thérèse a appris à faire des sacrifices. « On réduit sur la nourriture. Les loisirs ? Eh bien, je n’en ai pas, mis à part avec les Petits Frères des Pauvres. » Sans permis de conduire, elle dépend des autres pour ses déplacements, notamment pour ses rendez-vous médicaux à Montargis, à 30 km de chez elle. « Si je dois renoncer à certains soins, comme passer un scanner ou une radio, c’est parce qu’il n’y a rien ici et qu’il n’y a pas de transports. Si je n’avais pas ma sœur pour m’y amener, je ne sais pas comment je ferais ».

Le logement de Thérèse, bien que social, n’est quant à lui pas totalement adapté à ses besoins. « Je ne peux pas monter dans ma baignoire », révèle-t-elle. Dans la salle de bain plongée dans l’obscurité – l’ampoule est grillée – Thérèse montre sous le regard stupéfait de la bénévole l’objet inaccessible avec sa jambe instable. « Le bailleur n’a pas voulu qu’on installe une douche à l’italienne. » À la place, un siège en plastique, seule concession à son handicap, trône dans la baignoire.

« Une expérience qu’elle n’oubliera jamais. »

Malgré tout, Thérèse s’efforce de sortir de sa zone de confort. L’année dernière, elle a vécu une aventure inattendue : un voyage à Djerba, organisé par les Avions du Bonheur et les Petits Frères des Pauvres. Première sortie hors de France, premiers pieds dans la mer. « C’était super », résume-t-elle. Brigitte, fière, abonde : « Au début, le dépaysement a été compliqué : prendre l’avion, découvrir un environnement différent. Tout ça, ça l’a impressionné. Mais c’est une expérience qu’elle n’oubliera jamais. »

Depuis peu, Thérèse s’est lancée dans le numérique. Une suggestion de sa sœur pour combattre la solitude. « Je suis assez accro », avoue-t-elle, un sourire illuminant son visage habituellement réservé. Depuis son canapé, tablette en main, elle passe une bonne partie de ses journées à naviguer sur Facebook, likant ici, commentant là. Une fenêtre virtuelle devenue désormais un lien essentiel vers le monde extérieur.

Depuis trois ans, les Petits Frères des Pauvres suivent Thérèse. L’association déploie un accompagnement sur mesure : une bénévole lui rend visite régulièrement, brisant ainsi sa solitude. Deux fois par mois, Thérèse participe aux activités collectives à Montargis, une rare occasion de sortir de chez elle. Entre ces rencontres, un suivi téléphonique a également été mis en place. Thérèse bénéficie également des séjours organisés par l’association, comme son voyage à Djerba.

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